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 Chronique d'une mort annoncée (Journal de Sinead)

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shaana
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MessageSujet: Chronique d'une mort annoncée (Journal de Sinead)   Sam 29 Mai à 17:24

Il y a de ça de nombreux mois (peut être années même), à la suite d’une discussion avec Kaarhi, j’avais dit qu’un jour j’écrirais l’histoire de Sinead.

Sur les MMORPG qui ont précédé WoW, mes personnages ont toujours eu une histoire assez riche, mais au fil du temps le roleplay (le vrai, pas les histoires a dormir debout entre les possédés et les lesbiennes vampires de Stormwind) a disparu des jeux au profit d’un gameplay toujours plus compliqué.

Pourtant, de tous les personnages que j’ai pu créer au cours de ces 10 dernières années, Sinead est sans doute celui possédant le background le plus riche. Je peux dire merci à Xaod qui en a jeté les bases en liant l’histoire de son perso à celle du mien. Il a sans le savoir tracé le destin de Sinead et orienté toutes les décision Rp que j’ai pu prendre à son sujet.
Aujourd’hui, profitant d’un tournant dans l’histoire de Sinead, je me suis dit qu’il serait bien d’enfin l’écrire.

Je ne force personne à la lire, ca serait cruel Very Happy
Je n’attends d’ailleurs aucune réponse sur ce forum où personne ne passe jamais. J’aurais juste la satisfaction personnelle d’avoir enfin écrit le plus long background de l’histoire de mes personnages. Very Happy

Pour ceux qui se seraient perdus en arrivant jusqu’ici et qui auraient envie de lire jusqu’au bout, l’histoire tient en 16 pages Word. Bon courage Razz

bounce bounce Twisted Evil

_________________
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shaana
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MessageSujet: JOURNAL   Sam 29 Mai à 17:31

Introduction

Il n’est vraiment pas facile de parler de soi. Pourtant, il arrive un moment ou tout doit être dit. Je sens le passé aujourd’hui me rattraper, et son ombre peu à peu prendre le pas sur moi. Je sais que les choses doivent être dites avant qu’elles ne soient oubliées, avant que je ne sois plus moi-même. Ceci est à la fois une confession, et sans doute un testament.



I – LE COVENANT KEEN

1 – Un réveil douloureux.

Je peux dire aujourd’hui que je suis née il y a cinq ans. Ca peut paraitre étrange, mais c’est pourtant ma réalité.
Je me suis éveillée il y a cinq ans, dans ma chambre d’enfant, dans un corps affaibli. Ma sœur Shael, et ma mère m’ont dit que j’avais dormi. Dormi très longtemps. Dormi des années. On m'a dit que j’aurais eu un accident, que j’aurais fait une chute et que je n’aurais jamais repris conscience.

Ma mère n’a jamais jugé utile de noter la date à laquelle je suis née, ni, d’ailleurs, celle de mes frères et sœurs. C’est sans doute le lot de toute famille nombreuse dont les enfants naissent en période de troubles et de guerre.
Je sais juste que je suis née peu de temps après que mes frères aient disparu en Draenor, dans la grande guerre qui opposa l’Alliance aux forces Orcs et démoniaques de Ner’Zhul, et je pense donc avoir dormi entre huit et dix ans.
Pour ma famille, je n’étais qu’un mystère de plus, dans un monde où règne la magie. Juste une enfant endormie, qu’on regarde grandir, année après année.

C’est assez difficile aujourd’hui, en sachant ce que je sais, d’expliquer ce que moi j’ai vécu pendant ces années de sommeil. J’aime autant vous dire que ca fait un drôle d’effet de s’éveiller un matin dans un lit qu’on a oublié et dans un monde qui n’est pas le votre. D’entendre des inconnus, qui pourtant semblent familiers, vous expliquer que vous sortez d’un long sommeil, alors que la veille vous meniez un combat dans les montagnes enneigées qui entourent votre Clan.
Parce que c’est ce qui s’est passé. Je me suis éveillée dans un monde inconnu.

Si je devais vous raconter les vingt premières années de ma vie, je vous dirais que je suis une batarde, née d’une rencontre éphémère entre le fils d’un chef de Clan et d’une serveuse d’un petit village. Je vous dirais que ma mère m’a élevée, sans que mon père n’ait conscience de mon existence, et que j’ai rejoins son Clan à la mort de ma mère. Je vous dirais enfin, que j’ai appris l’Art de la Guerre dans le Clan de mon père, et que j’ai mené des combats dont je peux être fière.

Pourtant, tout ceci n’a pas existé. Aujourd’hui, bien que je sache ce qui s’est réellement passé, j’ai pourtant encore du mal à admettre que cette vie n’était qu’un long rêve, dans l’esprit d’une adolescente endormie.
Quand je me suis éveillée ce jour là, j’étais vraiment convaincue d’avoir vécu. Et j’étais bien décidée à retrouver mon Clan et ce père une nouvelle fois absent.
Je ne savais encore rien de mon véritable passé, et peut être eut il mieux valu que je n’en sache jamais rien. Il m’a fallu des mois avant d’obtenir un récit cohérent et complet. Il est des choses que le Clan de mon père n’était pas fier d’avoir accompli.

Je sais que tout ceci doit paraitre bien confus, aussi, aujourd’hui, je me dois, de raconter ce qui a été caché.


Je suis la plus jeune enfant d’une famille de fermiers de la Marche de l’Ouest.

Quand l’Alliance a passé la Porte des Ténèbres pour contrer Ner’zhul, le mari de ma mère et mes frères, tous en âge de combattre, faisaient partie de l’armée qui accompagnait le grand sorcier Khadgar.
Ma mère est restée seule avec ma sœur, essayant de survivre du mieux qu’elle le pouvait, mais s’occuper seule d’une ferme avec une jeune enfant fut rapidement au dessus de ses forces et de ses moyens.
L’argent vint à manquer, elle vendit la ferme et accepta une place de serveuse dans une auberge de Menethil.

C’est là qu’elle rencontra celui qui allait devenir mon père. Il était le fils du chef d’un Clan local. Sans doute lui avait-il promis monts et merveilles et sans doute avait-elle besoin d’être aimée. Une amourette sans lendemain, mais qui se solda par ma naissance, quelques mois après que ma mère ait appris la disparition de son époux et de ses fils.

Sans pour autant nier sa paternité, mon père refusa de me reconnaitre officiellement. Il était sans doute mal vu, pour l’héritier du Covenant Keen, d’admettre être le père d’une batarde née d’une simple serveuse de taverne. Ou peut être avait il subit les pressions de sa famille. Toujours est-il que je ne vivais pas parmi le Clan, mais que j’étais cependant la bienvenue dans le domaine familial.

Je n’ai que peu de souvenirs de cette période heureuse et insouciante, ou je passais mon temps à explorer les couloirs sans fin du château. Je n’ai que peu de souvenirs de mon père également. Je sais aujourd’hui qu’il m’évitait, et ne voulais surtout pas que je l’appelle « papa ».
Je me souviens bien par contre, de tonton Xaod. Ce n’était pas vraiment mon oncle, c’était un des proches de mon père. Je me souviens d’un homme enjoué, qui ne se refusait jamais une bonne bière. Il avait sans doute des origines naines cachées ! Il lui arrivait parfois de prendre quelques minutes pour jouer avec moi. J’aimais bien.

J’avais environ huit ans quand c’est arrivé.
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shaana
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MessageSujet: Re: Chronique d'une mort annoncée (Journal de Sinead)   Sam 29 Mai à 17:36

A l’époque, certains membres du Clan s’adonnaient à des recherches et expériences secrètes.
Je sais que mon père n’était pas au courant et que ces hommes menaient leurs expériences dans les tréfonds du château. J’ignore quel était leur but, mais ils pratiquaient la magie interdite.

C’est au cours d’une de mes explorations que j’ai découvert la salle. J’avais vu tonton Xaod entrer discrètement dans les murailles du château par une porte que je n’avais encore jamais remarqué.
Je me souviens de l’excitation que j’avais ressentie en me glissant sans bruit derrière lui. J’allais pouvoir explorer de nouveaux territoires et peut être même apprendre des secrets cachés.

Je me souviens avoir perdu Xaod en cours de route. Il marchait vite, et il faisait sombre, j’avais du mal à le suivre. Mais je voyais la lueur de sa torche, c’est sans doute ce qui m’a permis de ne pas me perdre dans les corridors.
Je me demande aujourd’hui ce qui aurait été le pire : me perdre dans le dédale de couloirs secrets sans que personne ne sache jamais que j’étais la, ou bien ce qui s’est passé ce jour là.

A l’extrémité d’un corridor, j’ai aperçu la lumière qui filtrait sous une porte. Les lueurs dansantes étaient sans doute dues a plusieurs torches, et tonton Xaod n’était pas seul. Je n’ai pas mis longtemps a rejoindre la porte qui était restée entrouverte. Je suis restée quelques minutes derrière à écouter, hésitant à aller plus de l’avant.
J’ai entendu une voix dire « On peut commencer ».

Des chants se sont élevés. C’était un chant grave, composé de voix d’hommes, et répétitif. Un chant envoutant, qui me berçait, me plongeait dans une transe proche de l’ivresse.
Et puis quelque chose a changé. Un changement subtil, juste une vibration ténue qui se mêle au chant, une présence presque palpable.
C’est la lumière aveuglante qui m’a fait ouvrir les yeux. C’était fascinant. Au centre de la salle se dressait une femme à l’incroyable beauté. Comme hypnotisée, je me suis approchée sans bruit.
Je crois que personne ne m’a vue entrer, jusqu'à que la Dame me prenne dans ses bras.

Je n’ai pas de souvenirs de ce qui s’est ensuite passé, je sais juste ce que Xaod m’a raconté.
Je sais que je ne voyais pas la réalité. Le chant m’avait fait entrer dans une sorte de transe, que le démon avait utilisée pour m’attirer à lui. Je sais que le rituel devait servir à délivrer quelqu’un, un membre du clan, un membre mort, qu’ils cherchaient à arracher aux griffes du Fléau, et que le démon aurait du être détruit.

Il semblerait que Xaod ait transpercé le corps du démon, de son épée. Il m'a bien dit que le démon est mort, mais certains cauchemars me disent que son âme s’est enfuie. Certaines attitudes de Xaod me laissent penser, d’ailleurs, qu’il le sait aussi.
Toujours est il que ce jour la j’ai sombré dans un profond sommeil.

Xaod pense qu’une partie de mon esprit avait été capturé par le démon, que je suis restée plongée dans une transe profonde qui m’a fait voyagé dans le monde des rêves, un peu à la façon des druides dans le rêve d’émeraude.

Après cette journée, mon père a fait en sorte que ma mère ne manque jamais de rien pour s’occuper de moi. Je crois qu’il n’a jamais vraiment su ce qui s’était passé dans les caves de son château, mais il savait son clan responsable de mon état.
Xaod s’est exilé pendant des années dans un monastère, et mon père est devenu le chef de son clan.

Ma vie s’est arrêtée ce jour là. Et je suis née à nouveau il y a cinq ans.
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shaana
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MessageSujet: Re: Chronique d'une mort annoncée (Journal de Sinead)   Sam 29 Mai à 17:41

2 – Premiers pas.

Imaginez mon désarroi à mon réveil.
Je venais de dormir prés de dix ans, dix années pendant lesquelles j’étais convaincue d’avoir vécu une autre vie, une vie d’adulte, la vie d’une guerrière. Imaginez vous, adulte, vous réveiller dans le corps affaibli d’une jeune fille a peine sortie de l’enfance, dans un monde qui vous est inconnu.

Ma première réaction a été de nier la vérité, ou plutôt ce qu’on me disait être la vérité, et de m’accrocher à ma réalité et à ceux qui la composait. Il me fallait retrouver mon père, mon clan, retrouver ma vie.

Ma mère habitait une petite maison coquette dans la forêt d’Elwynn, a proximité de l’Abbaye de Comté du Nord. Elle travaillait depuis plusieurs années pour les moines qui lui accordaient un salaire suffisant pour vivre. Ca, plus la rente versée par mon père, lui permettait de bien vivre et les moines avaient pris en charge l’éducation de ma sœur Shael.

Les premières semaines après mon réveil n’ont pas été des plus glorieuses je dois l’avouer. Les moines avaient décidé de s’occuper également de mon éducation, mais, après avoir vécu (ou rêvé) libre, pendant des années, dans les montagnes, rester enfermée dans une salle plein de livres m’était réellement intolérable.

Je m’étais rendue compte que me faire paraitre pour plus jeune et plus idiote que je n’étais m’accordait des avantages indéniables. Je parvenais toujours à m’échapper pour me cacher dans la forêt, et mon jeune âge et mon air innocent venaient toujours a bout des sermons des moines.

Faire les poches des gens sans me faire attraper était mon plus grand plaisir. Peu m’importait ce que pouvaient contenir leurs poches, le but était d’en sortir quelque chose et de me l’attribuer.
Voler c’est mal, et ca ne reste jamais impuni. Mais je crois que c’est ce qui m’a servi, en fait.

C’est quand j’ai fauché la montre en or du Maitre Paladin, que mon Destin s’est manifesté. Je n’avais pas perdu espoir de partir à la recherche de mon père, même si ma mère (et les moines) avait décidé de faire de moi une prêtresse ou quelque chose comme ca.
Ma sœur se moquait de moi, en disant que je finirais Paladine et que je serais obligée d’aller à la messe tous les jours.

Mais quand j’ai volé sa montre, le Maitre Paladin est entré dans une fureur noire. Ce jour là, j’ai perdu le droit de me mettre au service de la Lumière et d’entrer dans l’Abbaye. J’aurais vraiment du voler cette montre plus tôt.
Je crois que je n’ai jamais vu maman autant en colère.

Ma sœur, quant à elle, avait achevé ses études. Ses capacités guerrières, sa maitrise du combat, son calme et sa détermination lui avaient valu les encouragements de son maitre d’apprentissage guerrier. Il était prévu qu’elle parte pour Hurlevent, pour rejoindre les gardes et se mettre au service du petit roi.

J’étais très loin d’avoir sa maitrise, cependant, mes dix années passées à rêver de combat m’avaient donné une certaine aisance dans la maitrise des armes. Il fut donc convenu que j’accompagnerais ma sœur à Hurlevent, afin de suivre l’entrainement des gardes et de rejoindre les rangs de l’armée royale. Enfin, si j'arrivais a garder les mains dans mes poches, et pas dans celles des autres...

On n’a jamais atteint Hurlevent. Ou plutôt si, on l’a traversée. L’ami de Shael, Dwane, nous avait rejoints. Lui aussi devait intégrer les rangs de l’armée, mais il n’était pas vraiment emballé, il voulait surtout rester prés de Shael.
Il n’a pas mis longtemps avant de m’aider à convaincre ma sœur de faire un détour par Menethil avant de s’enterrer a Hurlevent.
C’est comme ca qu’un soir, à la nuit tombée, nous nous retrouvions tous les trois à tambouriner à la porte du Covenant Keen.
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shaana
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MessageSujet: Re: Chronique d'une mort annoncée (Journal de Sinead)   Sam 29 Mai à 17:45

3 – Le Covenant Keen

L’accueil du Covenant Keen n’a pas été des plus chaleureux. Il faut dire que, voir une gamine tambouriner à la porte à la nuit tombée, en réclamant son papa, avait de quoi dérouter plus d’un guerrier.

Je ne me souviens plus aujourd’hui qui nous a ouvert la porte. Mais, dans le doute, l’homme a accepté que nous passions la nuit dans la salle commune des gardes, jusqu’au réveil de Sdol le lendemain matin. On ne sort pas le chef de son sommeil sous prétexte qu’une gamine insolente prétend être sa fille.

Les jours suivants ont été assez difficiles. Ma rencontre avec Sdol ne s’est pas du tout déroulée comme je l’avais espéré. J’avais encore le souvenir de ma rencontre, dans ma "vie passée", avec ce même père, et dans des conditions similaires. J’espérais retrouver la même chaleur dans son regard, mais ce fut peine perdue.

Je savais qu’il m’avait reconnue. Mais pour une raison que j’ignore encore aujourd’hui, il a fallu des mois avant que Sdol ne reconnaisse être mon père. Peut être avait il peur que je fasse valoir mes droit à son héritage et le supplante à la tête du Clan.
Je pense que c’est le retour de Xaod au Covenant qui a empêché Sdol de me renvoyer chez moi.

Les premiers mois ont donc surtout été une lutte de chaque instant pour tenter de devenir un membre à part entière de ce Clan.
Shael, de son coté, avait opté pour une solution simple. A défaut de devenir une garde royale, elle était devenue une garde au service du Covenant Keen.

Dwane de son coté, se tenait un peu en retrait. Mercenaire dans l’âme, il refusait de s’engager entièrement envers ce Clan qui lui était inconnu. Mais là où se trouvait Shael, on le trouvait aussi.
C’était un homme difficile à cerner. Il paraissait frustre et souvent grossier, et nombreux étaient ceux qui le considéraient comme un barbare. Pourtant, parfois, il était capable de tenir des raisonnements et des discours qui dénotaient clairement une intelligence hors du commun. Déjà à l’époque il m’attirait, mais il aimait ma sœur, et ma sœur l’aimait, et je faisais tout ce qui était en mon pouvoir pour ne pas m’intéresser à lui.

Les premiers mois, je suivais Shael et Dwane, envoyés en missions d’exploration. Je me rends compte aujourd’hui qu’ils avaient eu beaucoup de patience et que j’ai souvent du les mettre dans les situations périlleuses de part mon insouciance et ma curiosité.
Ces mois à parcourir le monde et découvrir ses merveilles ont sans doute été les plus agréables et fascinants de ma vie.

Jusqu’au jour où, dans les Tarides, un jour où Dwane ne nous accompagnait pas, nous avons eu un accident.
Je n’ai que peu de souvenir des détails. Je me souviens que le sol s’était dérobé sous nos pas. Le sable des Tarides s’était effondré, libérant un genre de grotte souterraine instable. J’ai réussi à me retenir à une racine et amortir ma chute, mais j’ai vu Shael disparaitre au fond du trou sous un amas de terre effondrée.

J’ai tenté de creuser la terre de mes mains, espérant la libérer. Je savais que je n’avais pas le temps d’aller chercher du secours. J’étais en territoire ennemi et tellement loin de Menethil. J’espérais juste que, ne nous voyant pas revenir, Dwane serait parti à notre recherche.

J’étais blessée, et une cheville foulée m’empêchait de marcher correctement. Je me souviens de la nuit qui tombe, et du désespoir qui m’envahit. Je me souviens aussi de l’énorme araignée dont le trou devait être le nid, et de ma perte de connaissance quand son venin engourdissant à envahi mon corps.

Il faisait nuit et froid, et j’allais servir de repas à l’immonde créature qui m’avait pris ma sœur…
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shaana
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MessageSujet: Re: Chronique d'une mort annoncée (Journal de Sinead)   Sam 29 Mai à 17:49

4 – Solitude

Je me suis réveillée, plusieurs jours plus tard, dans une petite chambre confortable du Donjon de Menethil.
J’ai appris plus tard, que Dwane était bien parti à notre recherche et qu’il m’avait sortie des griffes de la bête avant qu’elle ne me perde dans son antre. Il n’a jamais retrouvé ma sœur, et j’ai gardé l’espoir pendant des années qu’elle ne soit pas morte.

Le visage que j’ai vu dans ma glace ce jour là, à mon réveil, n’était plus le mien. De ma chevelure rousse il ne restait rien, mes cheveux étaient devenus intégralement blancs. Ma ressemblance avec ma sœur était plus que frappante, et mon visage de petite fille avait laissé la place à celui d’une femme marquée par la douleur et le chagrin. Mon regard était dur et froid, et mon sourire avait disparu.

Dans les semaines qui suivirent, je n’ai eu que très peu de contacts avec Dwane. Visiblement il me fuyait. Il devait lui aussi supporter l’absence de ma sœur, sa culpabilité d’être arrivé trop tard, et, sans doute, devait il aussi me tenir pour responsable en partie, de la disparition de celle qu’il aimait.
Les Keen me fichaient la paix, respectant mon deuil, et même Sdol était devenu plus doux quand il daignait m’adresser la parole.

J’ai passé les mois qui suivirent à m’entrainer au combat. Outre le fait que je n’ai jamais été une bonne combattante, mes blessures, et la morsure de la bête m’avaient privée de la majorité de mes capacités.

Peu à peu, le temps fit son œuvre. Dwane revint vers moi, et le Covenant Keen commença à s’intéresser à cette petite fille qui n’en était plus une, et à envisager qu’un jour, elle puisse devenir l’héritière du Clan.
Peut être Sdol avait il décidé que l’éducation de sa fille devait être prise en charge, ou bien peut être ses bras droit en avaient-ils pris d’eux même la décision, toujours est-il qu’un beau jour, Xaod et Takaris décidèrent de me prendre en main.


Takaris, c’était un des officiers de mon père. C’était, je crois, un des seuls elfes du Clan, composé essentiellement d’humains et de quelques nains. Il faut dire que Takaris avait un parcours assez particulier puisqu’il avait été élevé par les nains. Il était d’un tempérament emporté et d’un naturel assez froid, comme peuvent l’être tous les elfes, mais il avait également hérité, et c’est assez paradoxal, du comportement festif des nains.
Ca faisait de lui un officier qui paraissait souvent irritable, mais sensible et gentil. Je l’aimais bien.
Il était tombé amoureux d’une jeune elfe que je lui avais indirectement présenté, et à qui il tentait d’inculquer les rudiments de la chasse, en harmonie avec la nature.

Enfin donc, un beau jour, ces deux là avaient décidé que je devais recevoir une éducation digne de l’héritière du chef de clan. Ils avaient engagé des professeurs, et réservé une des salles du Donjon pour en faire une salle de classe.
Enfermée entre quatre murs, condamnée à rester le nez plongé dans des livres inintéressants pendant des heures… Mis à part l’un des professeurs qui avait compris que ce n’était sans doute pas la bonne méthode d’apprentissage avec moi, les autres n’ont mis que quelques jours avant de démissionner.

Takaris et Xaod étaient furieux, jusqu’au jour où Dwane leur proposa son aide.
S’il est vrai qu’il s’était fait très discret depuis la mort de ma sœur, il n’en demeurait pas moins présent à mes cotés. Il avait bien compris qu’il ne fallait pas m’enfermer, et que je ne me sentais bien qu’au cœur de la nature, aussi sauvage soit-elle.
C’est ainsi qu’il est devenu mon professeur, dans la plus belle salle de classe qui fut.
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shaana
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MessageSujet: Re: Chronique d'une mort annoncée (Journal de Sinead)   Sam 29 Mai à 17:54

5 – Apprentissage

Dans les semaines qui suivirent, je n’ai eu que peu de contacts avec le Clan. Je passais mes journées en compagnie de Dwane, qui, chaque jour, m’emmenait dans un nouvel endroit pour me faire partager ses connaissances. Des connaissances bien plus vastes que je ne l’aurais imaginé. Botanique, minage, histoire, politique, techniques de combat, tout autant de sujets aussi vastes que disparates. Il n’y a que la comptabilité et les matières similaires auxquelles je sois restée totalement hermétique.

Peu à peu, nous nous sommes rapprochés. L’attirance que j’éprouvais pour cet homme, bien avant la mort de ma sœur, prenait peu à peu de l’importance, du fait de notre proximité.
Ma ressemblance avec Shael, bien que d’un caractère bien différent, contribua sans doute à le rapprocher de moi. Sans doute voyait-il en moi une pale image de celle qu’il avait aimé et qu'il aimait toujours, une émanation de son amour. Sans doute sentait il aussi les sentiments troublants qu’il développait en moi.

C’est à cette période heureuse de ma vie qu’il est devenu mon compagnon. Aujourd’hui encore, des années après sa disparition, il n’a jamais été remplacé.

C’est a cette période aussi que, voyant leur projet aboutir, Xaod et Takaris me pressèrent de choisir une voie. Tous deux sentaient mes aptitudes guerrières, mais ils sentaient aussi le pouvoir de la magie qui coulait dans mes veines. Sans doute un héritage familial, aussi je décidais un jour de suivre les traces de mon père et de devenir Paladine.

C’est Shael qui aurait bien ri face à ce choix. Elle qui se moquait de moi quand les moines avaient choisi de me pousser vers la Lumière.
Le seul problème c’était que, bien que je manifeste à l’évidence certains dons pour la magie sacrée, je n’avais aucune conscience des enseignements de la Lumière et de son utilisation. Et c’était quelque chose totalement inconnu et abstrait pour Dwane.
Il fut donc décidé, qu’en parallèle avec l’enseignement que me prodiguait Dwane, j’irai également me présenter au Maitre Paladin de Stormwind. C’est donc munie d’une recommandation du Covenant Keen que je pénétrais pour la première fois dans l’immense Cathédrale de Stormwind.

Je passerai ici sur la nature de l’apprentissage que je reçus, mais je n’en garde pas de souvenirs désagréables. L’apprentissage se faisait essentiellement via les techniques de combat, et on ne m’a quasiment jamais forcée à coller mon nez dans des livres poussiéreux. J’ai même eu, à l’époque, un stage à faire auprès des nains d’Ironforge, qui, reconnaissant l’emblème du Clan de Takaris, m’avaient offert un accueil bien plus chaleureux que ceux de ma race. Je crois avoir gouté à tous les alcools nains en moins de deux mois.

J’aimais bien la Cathédrale de Stormwind. J’étais impressionnée par l’édifice majestueux qui, contrairement à toutes les habitations humaines ou naines que j’avais pu connaitre, ne me donnait pas cette sensation si désagréable d’étouffement. J’y retrouvais mon âme d’enfant, et j’aimais me faufiler dans les recoins secrets que recèlent toujours les édifices de ce genre.

Jusqu’à ce jour maudit où j’ai découvert les sous sols de la Cathédrale. Une porte, habituellement verrouillée, était restée entrouverte. Pour quelqu’un comme moi, dont la curiosité avait été mise en veilleuse depuis des mois, c’était une tentation trop alléchante pour la laisser passer.
L’endroit était désert, et silencieux. Rien ne semblait indiquer que quelqu’un ait pu se livrer à ces horreurs récemment. Mais la salle était remplie d’instruments de torture. Il y avait surtout cette espèce de cage de métal, munie de piques à l’intérieur. Et le sang sur les piques était encore frais…

Le Maitre Paladin n’a rien nié, mais il a tenté de me sermonner pour me mêler de choses qui ne me regardaient pas. Mon apprentissage de la magie de la Lumière était trop avancé pour que je puisse changer de voie. La magie fonctionne un peu comme une drogue. Une fois qu’on l’a choisie, elle ne vous quitte plus. Je n’avais pas d’autre choix que de devenir une paladine confirmée, mais, ce jour là, j’ai fait le serment de ne plus jamais remettre les pieds dans la Cathédrale de Stormwind, et de ne jamais faire allégeance à cet ordre, pour qui de telles pratiques sont « normales ».

A ce jour, j’ai toujours tenu cet engagement, mais ce fut mon premier pas vers des choix qui ont profondément bouleversé ma vie.
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shaana
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MessageSujet: Re: Chronique d'une mort annoncée (Journal de Sinead)   Sam 29 Mai à 18:01

6 – Changements

Bien que j’aie su cacher ma déception et mon aversion envers l’Ordre de la Lumière, je n’ai pu cacher le fait que je refusais de retourner à Stormwind. Il m’a fallu du temps avant d’avouer au Clan ce que j’avais pu voir là bas.

Xaod et Takaris ont pensé qu’il s’agissait encore d’un de mes caprices, et n’ont pas insisté. Il est vrai qu’à cette époque, j’étais sans doute assez difficile à vivre. Il me fallait réussir à concilier l’indifférence de mon père avec ma vie au sein même de son Clan, les regards désapprobateurs face à ma liaison avec Dwane, et ma franchise, qui me faisait souvent dire ce que je pensais sans réfléchir et qui n’a pas toujours plu aux intéressés.

Je cachais alors souvent mon désarrois et ma rancœur sous des accès de colère qui passaient généralement pour des caprices d’une enfant mal élevée et colérique.

En quelques mois, j’étais passée du statut d’intruse dans la vie de mon père, à une hypothétique héritière du Clan.
Si ce changement s’était fait, à priori, sans l’accord de mon père, il n’en était pas pour le moins évident.
Peu à peu, les membres influents du clan avaient poussé mon père à reconnaitre ses torts, et l’avaient poussé à les réparer. Il déclara un beau jour que j’étais bien sa fille, et que je devais être reconnue comme telle. Pourtant, il ne fit jamais les démarches nécessaires. Je porte son nom, mais aucun document officiel ne dira jamais que je suis sa fille.
Cependant, mon rang m’interdisait de me conduire comme une gamine indocile. Je devais donc continuer mes études et parfaire mon apprentissage de la Lumière, avant de rejoindre les rangs des guerriers du Clan.

Mais je n’ai jamais été une véritable guerrière, même si j’ai parfois accompagné le Clan dans leurs raids sur des villes qu’ils qualifiaient d’« ennemies ».
A cette époque, Dwane m’en avait appris un peu plus sur le monde, sur les guerres passées, sur la paix fragile qui régnait entre l’Alliance et la Horde, sur la politique du roi humain disparu, sur l’arrivée des orcs dans notre monde.
Il avait un point de vue assez tranché sur la question, et même s’il ne ressentait aucune haine envers nos ennemis de la Horde, il pensait qu’un mercenaire doit être capable d’accomplir les actes pour lesquels il est payé, sans état d’âme et sans prendre position.

Mais je voyais les choses différemment. J’avais eu l’occasion de rencontrer Jaina Proudmore, et d’écouter ses idées et son opinion sur nos relations avec la Horde. Je savais le profond respect qu’elle pouvait avoir pour Thrall, le jeune Chef de la Horde. Cette opinion, tellement différente de celle de mes concitoyens, m’avait fait réfléchir sur les évènements et la politique.

Parallèlement, à cette même période, je m’étais rapprochée de Shaana, l’amie de Takaris, qui était membre d’un Clan qui œuvrait pour la paix. C’est par son entremise que j’ai rencontré les druides de Reflet-de-Lune. J’ai été très impressionnée par leur ile et leur mode de vie.
Je me suis rendue compte que les elfes et les taurens druides étaient capables de vivre en harmonie. C’est à ce moment que j’ai commencé à me poser des questions sur la validité de ces soi disant guerres contre l’envahisseur Orc.

C’est un Tauren qui m’a, dans un premier temps, amenée à réfléchir sur moi-même. Je me suis rendue compte que mon attrait pour la nature et les forêts, et la vision des druides pour la magie, étaient beaucoup plus proches de ma façon d’appréhender la vie, que la vision restrictive des serviteurs de la Lumière.

A l’époque, le Maitre Paladin de Forgefer avait informé Takaris que j’avais achevé mon apprentissage, et que moi seule désormais, était capable de faire évoluer mes dons. J’étais, du même coup, devenue beaucoup plus libre de mes allers et venues et beaucoup moins surveillée par ceux que j’appelais mes tontons. De même, Dwane estimait que mes connaissances étaient largement suffisantes pour faire de moi une héritière correcte du Clan Keen.

Sous le prétexte de compléter mes connaissances du monde et des autres races, j’obtenais donc de mes pairs de partir quelques temps étudier à Reflet-de-Lune.
Ce que j’ai appris là bas ne sera pas dévoilé ici. J’ai juré le secret, et personne ne m’a, à ce jour, relevée de mon serment.
Mais je peux dire que j’ai étudié les arts druidiques auprès des elfes de Reflet-de-Lune. D’après eux, ma race n’aurait pas été un obstacle à ce que je devienne druide un jour, mais mon orientation vers la magie de la Lumière avait, en quelque sorte, bloqué le processus qui m’aurait permis de contrôler les forces naturelles.

J’ai cependant beaucoup appris parmi eux, et si je ne pourrais jamais utiliser leur magie, ou communier avec l’esprit de l’Ours ou l’esprit Félin, j’ai acquis une façon de penser bien différente des autres serviteurs de la Lumière.
J’y ai vécu des expériences personnelles hors du commun, qui m’ont permis d’affronter mes peurs. J’y ai appris à accepter mon passé et combattre mes démons. Je pense que si, aujourd’hui, je suis encore en vie, c’est grâce à l’apprentissage que j’ai pu suivre parmi eux.
Je garde encore, au fond d’un coffre, l’armure qui m’avait été remise à l’époque, et qui portait la marque des druides, ainsi que le bouclier, frappé de l’arbre de vie sur fond émeraude.
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MessageSujet: Re: Chronique d'une mort annoncée (Journal de Sinead)   Sam 29 Mai à 18:06

7 - Départ

Mais tout a une fin, les bonnes comme les mauvaises choses.
Un jour, le Donjon de Menethil fut attaqué par un groupe de mercenaires de la Horde. Une de leur prêtresse Mort Vivante pris le contrôle de l’esprit de mon père, et lui fit faire une chute du haut des remparts. Sa survie fut réellement miraculeuse, mais si les soigneurs parvinrent à guérir ses blessures physiques, ils ne parvinrent pas immédiatement à soustraire son esprit à l’emprise de la prêtresse.
Mon père resta inconscient pendant des semaines, des semaines pendant lesquelles les siens tentèrent de le ramener à la vie.

Je fus rappelée auprès de lui par Xaod.
Dans son sommeil, mon père avait l’air apaisé. Pour avoir vécu sensiblement la même chose, des années auparavant, j’étais convaincue que son esprit vivait encore, et que mon père luttait pour revenir en ce monde. Après l’apprentissage chez les druides, j’avais pris appris ce qu’était le rêve d’émeraude, et je savais que tous les rêveurs échouent dans cet endroit. J'avais décidé qu'on devait aller le chercher.

Mais pénétrer sciemment dans le Rêve n’est pas donné à tout le monde, et seul un druide accompli aurait pu tenter de soustraire Sdol à cette emprise.
Je revenais à peine de Reflet-de-Lune, et je dois reconnaitre que je connaissais peu de monde. Je savais que mes Maitres Druides ne quitteraient pas leur ile, et encore moins qu’ils souhaiteraient venir en aide à mon père, qu’ils jugeaient indigne, pour n’avoir jamais su m’élever.

Chercher des druides pour accomplir cette tache était devenu ma priorité, mais le temps passait, et les druides contactés n’avaient pas envie de risquer de se perdre en accomplissant un rituel pour un parfait inconnu.

Seul Gardhran avait accepté d’envisager la situation. Gardhran, c’était le Chef du Clan de Shaana, l’amie de Takaris.
Il n’eut jamais à intervenir, car, le temps faisant son œuvre, la magie perdit de sa stabilité, et mon père parvint à s’échapper du monde de cauchemar où il était enfermé.

Son réveil, qui aurait du être une source de joie, signa mon départ.
Les officiers de mon père ne perdirent pas de temps à lui faire leur rapport. Au cours de son inconscience, beaucoup de gens avait circulé dans le Donjon, chacun cherchant une solution plus exotique que celle du voisin. Ils parlaient de mon père comme d’un objet, une source d’expérience. Et un jour, j’avais commis l’erreur de chasser tout ce beau monde, qui parlementait dans la chambre du malade, sans égard pour le repos de mon père.

Il devait y avoir des gens influents parmi eux. Des gens qui avaient été vexés et qui signèrent la rupture entre le Clan et moi.
Quelques jours après son réveil, mon père me fit appeler à ses cotés. J’espérais lui raconter mon apprentissage chez les Druides, et l’implication de Gardhran dans sa guérison. Mais je n’eus jamais l’occasion de m'exprimer.
Le discours de mon père était simple. J’avais failli, je devais partir. Il ne me reniait pas, à ses yeux, aux yeux de son Clan, je demeurerais une Keen, mais une Keen exilée. J'étais bannie.

Ce jour là, mon père cessa d’être mon père, et moi d’être une Keen.
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MessageSujet: Re: Chronique d'une mort annoncée (Journal de Sinead)   Sam 29 Mai à 18:09

II – LE CLAN LUNARGENT


1 – Errance

Mon exil me laissa un gout amer dans la bouche.
J’avais été chassée, et même si certains disaient que ca ne changerait rien à leurs liens avec moi, je sentais bien qu’une certaine distance s’était installée entre le Clan et moi.
Mes droits étaient simples. Je n’avais plus le droit de vivre au Donjon familial, ni ne participer aux conseils de famille (auxquels je n’avais, de toute façon, jamais participé).
Je gardais le droit de participer aux activités sociales du Clan, et de conserver un lien avec ma famille. Je gardais aussi le droit de participer aux actions militaires du Clan.

Mais concrètement, parmi ces droits qui me restaient acquis, aucun ne correspondait à mes aspirations.
Si certains membres du Clan m’étaient devenus très proches, comme Dame Edelween que Takaris tenait en haute estime, ou Sorsha, l’amie de mon père, je ne gardais un vrai lien qu’avec ceux qui m’avaient tenu lieu de pères pendant ces dernières années, Takaris et Xaod.

Cependant, eux même désapprouvaient mes actions, même si j’ignorais réellement ce qui m’était reproché. En effet, certaines choses avaient été dites, que je n’ai jamais su, et qui avaient amené leur lot de reproches. Je n’ai jamais cherché à savoir ce qu’il en était réellement. Peu m’importait, car ce qui avait été fait ne pouvait être défait.
Mon père avait choisi, il m’avait chassée, et rien ne pourrait jamais effacer ça.

Je me suis exilée pendant quelques mois à Reflet-de-Lune, où les druides m’ont laissée méditer et retrouver mon calme parmi la nature. C’est là bas que Xaod m’a retrouvée, pour m’informer que, malgré ses efforts, mon père ne reviendrait jamais sur sa décision. Ce jour là, j’ai définitivement tourné la page.

J’avais aimé l’implication de Gardhran quand j’avais fait appel à lui. J’aimais la façon dont Shaana me présentait son Clan. J’aimais leur conception de la Paix et leur vision de la Horde.
Ce jour là, je décidais de rejoindre ceux qui, depuis, sont devenus ma famille : le Clan Lunargent.
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MessageSujet: Re: Chronique d'une mort annoncée (Journal de Sinead)   Sam 29 Mai à 18:13

2 – Retraite

J’ai été bien accueillie dans ce Clan. J’étais une amie de Shaana et, à ce titre, je devenais d’office un membre de leur famille. Moi qui avait été habituée à l’aspect guerrier d’un clan humain, et aux blagues bourrues des nains, j’entrais ce jour là, dans un clan majoritairement elfe. C’était un changement, mais un changement bénéfique.

Je ressentais une profonde plénitude, une paix réelle à vivre parmi eux, même si je n’étais pas très douée pour militer pour la paix.
Dwane m’a rejoins dans le Clan peu de temps après, mais d’une façon assez surprenante.
Il avait du mal à comprendre mon attrait pour le druidisme. Du coup, il avait décidé de s’instruire par lui-même, en commençant par les vies et mœurs des elfes.

Mais ses manières brutales n’étaient pas en parfaite harmonie avec la tranquillité des elfes, et les autorités elfiques n’apprécièrent pas du tout quand il décida de régler un différent avec les elfes d’Auberdine à grand coup de masse dans leur tronche.

Je dois reconnaitre, que lorsqu’il m’a dit que "l’elfe avait une tronche de troll" après son passage, j’ai beaucoup rigolé. Mais les autorités beaucoup moins.
Dwane fut condamné par les elfes à des travaux d’intérêt public, et comme ses actes dénotaient d’une certaine violence, il fut envoyé en « stage » dans une alliance pacifiste.
Bien qu’il y fût fermement opposé, Gardhran ne put refuser l’arrivée de ce nouveau membre atypique dans son Clan, pour mon grand bonheur.

Les mois suivants se sont écoulés calmement. Je me tenais de plus en plus éloignée des combats, et je savais apprécier les moments de tranquillité et de paix que la vie m’octroyait.
Dwane s’était assagit, mais à l’instar des autres membres du Clan, ils les avaient rejoints dans une lutte bien plus importante que les escarmouches entre l’Alliance et la Horde. Le Clan luttait contre l’avancée du Fléau.

Pour ma part, je savourais trop cette paix nouvelle pour me lancer dans ces nouveaux combats. J’avais décidé de mettre à profit mon temps, pour en apprendre d’avantage sur les elfes qui m’accueillaient parmi eux.

Et puis un jour, Dwane disparu. Sans doute est il mort quelque part, je l’ignore. Personne n’a plus jamais eu de nouvelles, mais personne n’a jamais retrouvé son corps. J’ai toujours nourrit le secret espoir de le voir réapparaitre. Mais aujourd’hui, je sais qu’il est trop tard, et que jamais je n’aurai l’opportunité de le revoir une nouvelle fois.

Après sa disparition, je me suis retirée du monde et des combats, partageant mon temps entre Feralas et Havrenuit et les enseignements druidiques, retraite interrompue un beau jour, par Shaana, qui m’appelait à l’aide.
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MessageSujet: Re: Chronique d'une mort annoncée (Journal de Sinead)   Sam 29 Mai à 18:15

3 – Un nouveau départ.

La Porte des Ténèbres avait été ré ouverte.
Je dois reconnaitre que je n’ai toujours pas compris l’intérêt de la chose. Sans doute la Légion se sentait elle invincible à ouvrir ainsi un passage aux forces de l’Alliance et de la Horde.
Sans doute les races d’Azeroth se sentait elles puissantes, pour s’engouffrer ainsi dans cette porte qu’ils avaient eu tant de mal à fermer.

En tout cas, la nouvelle ne manquait pas d’intérêt. A défaut d’un père, j’avais un beau-père et des demi-frères disparus en Outreterre, près de 25 ans plus tôt. Shaana savait bien qu’elle avait piqué ma curiosité.

C’est avec un léger regret que je quittais le havre de paix de Reflet-de-Lune pour rejoindre les terres désolées de la Péninsule des Flammes Infernales.
Je rejoignais un groupe de mercenaires qui se faisaient appeler « Les Exilés », et qui manquaient cruellement de soigneurs.
Un beau désastre que cette terre dévastée par Nerzhul. Des paysages déroutants, dont les terres qui se désagrègent défient toutes les lois de la physique, flottants sur le Néant Distordu. Une terre rouge et brulée, chaotique, fief de la Légion Ardente.

Les deux années qui suivirent ne furent que combats acharnés contre les forces de la Légion, ou les émanations du passé issues de la sombre tour de Karazhan.
Relater ici ces combats incertains et sans fin serait sans grand intérêt. Je me lançait à corps perdu dans une lutte sans merci contre les forces démoniaques, faisant payer à ces monstres le poids de mon passé, et lavant dans le sang la douleur des êtres chers disparus.

J’avais trouvé ma voie.
Je n’avais pas pu devenir druide, mais j’avais appris à mettre à profit les forces de la Lumière pour soulager les maux et les douleurs de mes semblables.

Mon enfance s’était enfuie, j’étais devenue une femme.
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MessageSujet: Re: Chronique d'une mort annoncée (Journal de Sinead)   Sam 29 Mai à 18:23

4 – Corruption

Presque deux années se sont écoulées ainsi.
S’il ne nous avait pas été possible de repousser les forces du Fléau, tout au moins ne se propageaient-elles pas. Les combats se déroulaient essentiellement en Outreterre, et la vie en Azeroth avait repris ses droits, même si la corruption était toujours visible dans certaines parties du monde.

Et puis un beau jour, Naxxramas disparu.
Naxxramas, c’est cette immense nécropole, siège de la liche Kel’Thuzad, qu'Arthas avait chargé de faire perdurer le Fléau dans les Maleterres. Pendant plusieurs années, Naxxramas est restée postée au dessus de Stratholme, continuant à servir la volonté d’Arthas, devenu le Roi Liche.
Et puis un beau jour, Naxxramas s’est déplacée dans les terres gelées et oubliées de Norfendre.

On ne sait que peu de choses sur les évènements. J’ai appris, par ouï dire, que Kel’Thuzad avait été vaincu dans sa forteresse et que son phylactère avait été volé au lieu d’être détruit. Il semblerait que l’Aube d’Argent ne soit pas innocente dans cette histoire, et qu’elle ait indirectement permis une nouvelle résurrection de Kel’Thuzad.

Parallèlement, c’est ce moment que choisir les forces du Fléau pour menacer une fois de plus Azeroth. Des nécropoles ont commencé à survoler les villes, ou à répandre leur corruption dans certaines régions d’Azeroth.
Des caisses contaminées ont été déposées à Baie du Butin, et, comme autrefois à Stratholme, l’infection s’est rapidement propagée aux habitants et aux aventuriers de passage.

Rapidement, le monde a sombré dans le Chaos. Un peu partout, jusque dans les capitales, les gens se transformaient en zombies morts vivants, semant la terreur sur leur passage, dévorant les vivants pour tenter de survivre dans leur non vie.
C’était effrayant. Je me sentais inutile, impuissante, devant une telle ampleur. J’ai vraiment pensé que c’en était fini de notre monde.
Mais l’épidémie n’a duré qu’un temps, et, même si le monde a subit de nombreuses pertes, elle a finit par être enrayée.

C’est pendant ce mois de désastre que j’ai été contaminée.
Je me souviens avoir combattu le Fléau. Des armées de miliciens, de mercenaires se créaient chaque jour pour repousser les attaques des hordes de morts vivants déposés par les nécropoles. C’est à l’issue d’un de ces combats que j’ai contracté la peste.

Les souvenirs que j’en garde me font toujours froid dans le dos.
Je me souviens avoir pris une chambre à l’auberge de Comté-de-l’Or, ravagée par la fièvre, incapable de rejoindre mon Clan à Darnassus.
Je me souviens avoir ressenti le besoin d’aller prendre l’air, de sentir la caresse de l’air frais de cette fin d’automne sur ma peau brulante.
Et c’est dans la forêt d’Elwynn que je me suis transformée.
De la transformation en elle-même, je n’en garde aucun souvenir, si ce n’est une douleur immense qui vrille les entrailles et explose à l’intérieur du crane. Et ensuite, j’étais devenue une goule.

J’étais terrorisée. Je voyais ce corps déformé qui avait autrefois été le mien, cette chair en décomposition et ces sensations nouvelles et étranges. Mais surtout, cette faim tenaillante, ce besoin irrépressible de se nourrir, de dévorer les vivants, ce besoin… pour vivre, pour survivre.

Comme tous mes compagnons d’infortune qui subirent le même sort, je me suis nourrie.
Je n’avais pas le choix. C’était une nécessité, et rien d’autre ne comptait. Même la peur peu à peu disparaissait, seule comptait le bien-être ressenti en mordant dans la chair juteuse des vivants, seule comptait la survie de soi, la survie de l’espèce.
Je voyais les autres mourir peu à peu, et je savais que je les suivrai bientôt. J’aurais pu cesser de poursuivre les vivants et me laisser mourir, mais ca m’était impossible. Il m’en fallait encore, il me fallait mordre, les contaminer, pour qu’à leur tour, ils deviennent des nôtres.

J’ignore combien de temps dura mon calvaire. J’ignore aussi ce qui s’est passé lorsque ma courte vie de goule toucha à sa fin et que je perdis connaissance.

Je me suis réveillée dans mon lit, dans l’auberge de Comté-de-l’Or. On m’a dit que j’avais été trouvée inanimée sur la route, à proximité du village, et que j’étais restée, cinq jours durant, endormie et fiévreuse, dans ma chambre. Je crois que, vu les évènements, je pouvais m’estimer heureuse que l’aubergiste ait accepté de me garder dans une ses chambres.

J’ai appris, plus tard, qu’aucun cas de survivant à la peste n’avait été recensé. Ceci étant, je me suis bien gardée de dire que j’avais été contaminée et peut-être en a-t-il été de même pour d'autres que moi.
Malgré tout, je pense que l’esprit du démon de mon enfance, en moi, avait servit de vaccin, en quelque sorte. Peut être étais je porteuse de la solution à la peste du Fléau.
J’aurais sans doute du en parler, mais qui m’aurait crue ?

Mais pour l’instant, j’ai affaiblie dans une chambre d’auberge, seule, loin des miens, et malade comme un chien.
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MessageSujet: Re: Chronique d'une mort annoncée (Journal de Sinead)   Sam 29 Mai à 18:27

5 – L’autre

Mes nuits étaient peuplées de cauchemars. Enfin, de rêves étranges plutôt, si on considère qu’un cauchemar est sensé faire peur. Ceci dit, au début, j’avais peur.

Chaque nuit, je me retrouvais dans la peau d’une autre. Ou bien c’était elle qui prenait possession de moi ? Chaque nuit, je voyais une jeune femme, ou plutôt, je me retrouvais dans son corps.
Je savais qu’elle me ressemblait, tout en étant différente. Je savais aussi qu’elle était morte, et qu’elle avait rejoint l’ennemi. Elle s’appelle Shaii, elle est un Chevalier de la Mort, au service du Roi Liche.

Chaque nuit, elle revenait. Je voyais ses combats, je la voyais se délecter de la mort, de la souffrance de ses proies. Je pouvais sentir son respect pour ses chefs, et sa peur devant son Maitre. Je voyais, je sentais, et je savais qu’elle me savait là.
Je m’éveillais au matin, épuisée, comme si je n’avais que très peu dormi.

Ces rêves durèrent des semaines. Mais, peu à peu, mon corps recouvrait sa santé, et peu à peu, je sentais la volonté de Shaii faiblir. Jusqu’à ce jour où elle prit conscience de l’horreur de ses actes.
Peut être étais ce du à ma présence en elle. Peut être tout ceci n’était il qu’un rêve.
Cette nuit là, elle s’est libérée des entraves d’Arthas, et, comme de nombreux autres serviteurs du Roi Liche avant elle, elle choisit de rejoindre les rangs des vivants.

Je n’ai jamais plus révé d’elle depuis. Enfin, jusqu'à récemment.
Je me suis longtemps demandé si elle existait vraiment, ou si tout ceci n’était qu’une manifestation de mon esprit malade.

Mais je ne pouvais éviter de me souvenir d’une épreuve que mon Maitre Druide m’avait fait passer durant mon apprentissage à Reflet-de-Lune.
Ce jour là, il m’avait plongée dans une transe profonde qui m’avait menée à l’entrée de ce qu’il pensait être le Rêve d’Emeraude. Le but de cette épreuve, était de matérialiser mes peurs et mes démons, et de les combattre. Instinctivement, je savais que, de par ma nature liée à la Lumière, je ne pouvais pas pénétrer ainsi dans le Rêve, mais ma transe m’avait menée à l’orée d’un monde similaire au Rêve druidique. Un autre plan d’existence.

J’y avais rencontré alors celle que je pensais être ma sœur Shael, récemment perdue. Elle était une copie de moi-même, mais elle était une guerrière et j’avais pu noter des différences notoires dans son apparence physique.
J’avais dit à mon Maitre que j’avais combattu la guerrière sans jamais réussir à découvrir s’il s’agissait de l’image de ma sœur, ou bien un double de moi-même, ou d'autre chose.
Il était resté silencieux à ce sujet, me disant juste que moi seule le découvrirait le moment venu. Peut être savait-il.

Sans doute ce moment était venu. Il me semblait évident que cette femme combattu dans mes rêves d’enfant et cette servante du Roi Liche ne faisaient qu’une. Et qu’elles ne faisaient qu’une avec moi-même.
De ce jour, j’ai toujours vu une ombre derrière moi, une présence qui me suit, comme si cette partie de moi-même avait choisit de rester en retrait et de veiller sur moi.
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MessageSujet: Re: Chronique d'une mort annoncée (Journal de Sinead)   Sam 29 Mai à 18:35

III – LA SOLITUDE DES GLACES



1 – Eclatement

Le Clan Lunargent n’était plus que l’ombre de lui-même.
Au fil du temps, beaucoup de choses avaient changé. Gardhran, notre chef, avait disparu depuis de longs mois, son esprit enfermé dans un phylactère qui, aujourd’hui, doit encore être en possession d’Isnarel, la jeune druide sauvage qui était devenue sa compagne.
Elle aussi avait disparu, et sans la présence de Gardhran pour la guider, sans doute avait elle fait le choix de conserver sa forme animale.
Si tel a été son choix, elle est aujourd’hui perdue, devenue chatte parmi les tigres des forêts.

Sans son chef, le Clan a peu à peu perdu de son unité. Certains sont partis, attirés par d’autres combats, ou lassés d’œuvrer pour une paix illusoire à laquelle aucun peuple ne semble vouloir aspirer.

Devant la menace grandissante des pouvoirs du Roi Liche, et de la présence de Naxxramas en Norfendre, le Clan a décidé de déplacer son combat vers les terres gelées. Unis depuis longtemps aux mercenaires des Exilés, ils ont décidé d’en porter leurs couleurs, concrétisant définitivement la rupture déjà engagée.

Seuls une poignée d’entre nous a décidé de conserver les couleurs du Clan, tout en menant également notre combat dans les plaines glacées de Norfendre.
A leur coté, j’ai rejoins l’Oeil du Crépuscule, un groupuscule d’aventuriers ayant choisit d’agir dans le même but que nous. Je me souviens avoir rencontré autrefois leur chef Chiron, aujourd’hui vraisemblablement disparu.

De nouveaux compagnons, de nouveaux combats, mais toujours le même mal qui ronge notre monde.
Je ne m'étalerai pas sur les évènements qui martèlent notre monde, car même si mon combat contribue à mener les forces du mal à leur perte, je ne suis qu'une insignifiante fourmi au milieu d'une vaste fourmilière, et ceci n'est pas un livre d'Histoire.
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MessageSujet: Re: Chronique d'une mort annoncée (Journal de Sinead)   Sam 29 Mai à 18:44

2 – La boucle est bouclée

J’ai passé une année à combattre à leurs cotés. Mais le temps fait son œuvre et les combats usent la motivation des chefs.
Le groupe s’est éclaté.

Certains d’entre nous ont rejoins d’autres guildes de guerriers, pour poursuivre leur combat. Même si, comme à chaque fois qu’une alliance s’éteint, j’ai ressenti une certaine amertume dans la perte de mes compagnons, j’en ai senti aussi un certain soulagement.

Depuis quelques temps elle est revenue. Mes nuits sont à nouveau hantées par l’esprit de cette autre moi, de cette guerrière sans âme, qui peu à peu, semble prendre ma place.
Mais ses buts sont différents. Elle n’est plus cette guerrière sanguinaire qui n’aspire qu'à faire couler le sang. Sans doute ces mois passés à observer mes gestes l’ont-il transformée.
Ou bien est ce encore le fruit de mon imagination. En tout cas, elle veut prendre ma place, je l’ai bien senti, et peu à peu, elle y parvient.

Autrefois, elle n’agissait que dans mes rêves, ou pendant des états de transe. Ces derniers temps, elle est parvenue à prendre le contrôle alors que j’étais éveillée. Elle semble bien me connaitre, bien plus que moi je ne la connais.

Aujourd’hui, alors que la boucle va se refermer, je suis convaincue qu’elle est le démon, celui que j’avais vu sous la forme d’une belle jeune femme quand j’étais enfant, celui que Xaod avait pensé tuer.
Elle a toujours été là. Toujours présente.
Si Xaod était parvenu à tuer son enveloppe corporelle, elle avait trouvé en moi un hôte pour son âme. Sans doute a-t-elle décidé qu’était venu le temps de reprendre vie, aujourd’hui qu’il ne reste plus rien de mon passé.

Il ne reste rien de ma famille. Xaod a disparu, parti en exploration dans des contrées lointaines, depuis de nombreux mois maintenant.
Mon père s'est retiré du monde et des combats, et ne fait que de brèves apparitions au sein du Covenant Keen.
Takaris a disparu, il y a des années, après s'être retiré du monde quand Shaana lui a préféré un guerrier du Clan Lunargent.

Il ne reste rien de ce qu’a put être autrefois, le Clan Lunargent, même si, encore aujourd’hui, certains membres de la Horde s’inclinent encore devant les couleurs que je porte.
Il ne reste que des couleurs et nous ne sommes plus qu’une poignée à en comprendre encore le message.

Et demain, je n’en ferai plus partie. Je sais que je m’endormirai ce soir pour ne plus jamais me réveiller.
Demain, elle aura pris possession de moi. Je pars, en sachant cependant, qu’elle n’est pas mauvaise. Elle sait aujourd’hui faire la part des choses et distinguer le bien du mal. Elle sera une bonne combattante.
Mais elle sera elle. Elle ne portera plus mes couleurs, elle oubliera mon passé, elle deviendra la part lumineuse ce que elle a autrefois été.
Demain sera sa renaissance.

J’ai revêtu mon ancienne armure, celle que les druides m’ont autrefois offerte. Je m’endormirai ce soir au cœur de la forêt de Reflet-de-Lune, mais je sais qu’au matin personne ne trouvera mon corps.
Je continuerai à vivre en elle, à observer le monde par ses yeux, mais je pourrai m’endormir sans crainte du lendemain, sans avoir peur de mes rêves, sans regrets et sans tristesse.

Sinead s’éteint ce soir. Demain, je serai Shaii.

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MessageSujet: Re: Chronique d'une mort annoncée (Journal de Sinead)   Sam 29 Mai à 18:46

Message hors histoire

Si vous avez pris la peine de lire jusqu’ici, je vous en remercie et vous avez vraiment eu du courage.
L'histoire est trop longue, et le style bien trop lourd, mais autant j'ai des facilités à écrire des textes courts dans le feu de l'action, comme j'ai pu le faire autrefois sur ce forum, autant j'ai du mal à écrire une histoire longue qui ne soit pas soporifique Very Happy
Ceci dit, si j'y arrivais, je serais écrivain, pas postière Very Happy

Mais ne croyez pas que Sinead va être delete ^^

Certes dans quelques jours Sinead n’existera plus sur Kirin Tor.
J’ai pris la décision de rejoindre une connaissance sur un autre serveur, et, Sinead étant un nom déjà pris, ma petite palouf deviendra Shaii.
Si toutefois elle revient sur Kirin Tor, elle restera Shaii, parce que, contrairement à mes autres personnages, c’est le seul perso à qui j’ai fixé une ligne de conduite que j’ai toujours suivi. Elle reste mon dernier perso roleplay, même si je n’ai plus joué son rôle depuis des années.

Mon seul regret, sera de perdre les couleurs des Lulu, même si le tabard est toujours hyper moche ! Mr. Green

Shaana reste ici, fidèle à son Clan. Après tout, c'est elle la vraie Lulu Smile

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MessageSujet: Re: Chronique d'une mort annoncée (Journal de Sinead)   Lun 31 Mai à 0:32

reponse HRP :
bonne continuation a toi la grosse lulu Very Happy
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Pandorina
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MessageSujet: Re: Chronique d'une mort annoncée (Journal de Sinead)   Ven 4 Juin à 20:49

hrp
Bonne chance à tous les deux.
Même si Fany et moi ( Maaltoq) ne portons plus les couleurs du clan il n'en demeure pas moins que nous sommes toujours Lunargent dans l'âme. Après tout nous étions toujours taggés Lunargent quand Arthas a succombé
Mr.Red

Comme toi, les fidèles Lulus (Pando et Thotho) seront ici pour toujours cheers et mourront avec le Clan.
*qu'il est moche le tabard* Very Happy

ps : qui sait si je m'ennuie je viendrai peut être te flood sur la Confrérie Mr. Green I love you


Dernière édition par Pandorina le Mer 9 Juin à 13:08, édité 1 fois
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Feare
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MessageSujet: Re: Chronique d'une mort annoncée (Journal de Sinead)   Mar 8 Juin à 15:07

OUF j'ai retrouvé mon mot de passe ...

Marre de me connecter en tant qu'invité

Joli texte Sha !

Mais elle aurait quand même pu retenir mon nom la paladine aux grosses fesses ! NAMEHO

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shaana
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MessageSujet: Re: Chronique d'une mort annoncée (Journal de Sinead)   Mar 8 Juin à 22:28

Si tu veux, je peux rallonger le texte rien que pour citer ton nom Mr. Green

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Feare
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MessageSujet: Re: Chronique d'une mort annoncée (Journal de Sinead)   Mer 9 Juin à 11:04

Nan il est bien comme ça

mais je me demande si je ne vais reactiver mon compte pour lui botter les fesses

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gardhran
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MessageSujet: Re: Chronique d'une mort annoncée (Journal de Sinead)   Mar 28 Déc à 21:37

Ouah, c'était vraiment génial. Shocked
Chaque paragraphe donne envie de dévorer le suivant, et la fin clôture parfaitement l'histoire.

Mais je suis d'accord avec Feare: le lecteur n'a aucune idée que c'est une paladine aux grosses fesses cat

Donc, vivement la suite, même si c'est sur un autre monde, je suis certain que ce sera tout aussi impressionnant (ou au moins presque, leur tabard est forcement moins joli Twisted Evil )
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MessageSujet: Re: Chronique d'une mort annoncée (Journal de Sinead)   

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